Maintenant que l’on sait à quoi sert un complexe et en quoi il nous limite, regardons les pistes de solution pour s’en débarrasser.

Vivre avec des complexes, c’est se juger constamment et se dénigrer pour notre image ou nos façons d’agir en relation avec les autres dans toutes les situations de la vie. C’est prenant, c’est souffrant, et faire appel à des recours artificiels ne va pas nécessairement régler le vrai problème.

Se sentir complexé, finalement, est un état. L’objet du complexe lui, peut se déplacer.

Si par exemple je suis complexée par mon nez et que j’ai recours à la chirurgie plastique pour éliminer mon complexe, il est fort à parier qu’une fois l’intervention terminée, mon mental trouve un autre objet de complexe. Au bout du compte, je n’aurai pas modifié mon état intérieur et le changement extérieur restera superficiel.

Pour vaincre ses complexes, il devient essentiel de faire autrement, d’emprunter des voies de passage différentes, et donc, inévitablement, de sortir de sa zone de confort.

Pourquoi sortir de sa zone de confort ?

Parce qu’on ne veut plus s’empêcher de faire des choses en raison de nos complexes par exemple. Parce que vivre avec des complexes peut devenir une source d’anxiété quotidienne. Parce qu’on n’arrive pas à rencontrer de partenaire de vie ou encore parce que l’on ne veut pas transmettre nos complexes à nos enfants.

Voici donc quelques pistes de solutions.

En parler

On peut avoir peur de parler ouvertement de nos complexes, mais dites-vous bien que de toute façon, votre corps et vos comportements le font déjà pour vous. En parler permettra donc d’identifier plus clairement vos complexes et de mieux les conscientiser pour ensuite transformer votre rapport à ceux-ci.

En parler est probablement la première étape vers un mieux-être. Il sera par contre important de choisir un environnement sécurisé, des contextes bienveillants et des personnes de confiance. On a besoin d’être compris et accueilli et la plupart du temps ce ne sont pas nos collègues de bureau qui vont nous offrir ce support. Et la famille est souvent trop près de nous pour nous offrir un accueil détaché et soutenant.

On a besoin d’échanger de manière authentique sur ce que l’on vit et d’apprendre à entendre ce que l’autre nous dit. De l’accueillir à notre tour et le ressentir sans le déformer.

Entendre d’autres personnes nous partager leur vécu sur les mêmes enjeux va aussi grandement nous aider à relativiser et éprouver de l’empathie pour l’autre et par ricochet, pour soi-même. L’empathie et la compassion sont effectivement des outils précieux dans cette quête.

Apprendre à contrôler sa petite voix intérieure

Mélissa (nom fictif, mais histoire vraie) m’a confié qu’enfant, elle était régulièrement la cible de moqueries de la part de ses camarades de classe. Ses parents lui ont conseillé de les ignorer. Comme elle était timide, cette méthode lui convenait. Et lorsqu’une réponse lui passait à l’esprit, elle n’avait qu’à la refouler.

Adulte, elle se considérait comme une personne sans répartie qui avait de la difficulté à communiquer efficacement. Elle a éprouvé plusieurs difficultés au travail et en relation.

“Lorsque je parle à quelqu’un, une partie de ma concentration est centrée sur toutes mes hésitations, mes défauts, mon manque de cohérence ou de fluidité dans mes idées. J’ai cette petite voix qui me dit que je m’exprime mal, que je ne suis pas clair, que je fais trop long ou que tel détail n’est pas important. Et c’est fou, ça me déconcentre quand j’ai une discussion avec quelqu’un. Ça fait donc en sorte que je m’exprime moins bien et ça me confirme dans mon complexe.”

Mélissa voudrait apprendre à mieux contrôler cette petite voix intérieure, mais ne sait pas trop comment s’y prendre. Conscientiser tout ça est déjà un bon pas en avant. Ensuite la vigilance et l’entraînement (comme un muscle) l’aideront à transformer ses pensées. Pour y arriver, elle pourra donc se pratiquer à avoir plus de compassion pour elle, de bienveillance envers elle-même et de pensées encourageantes.

Renouveler l’image que l’on a de soi-même

Nos perceptions sont si solidement ancrées en nous qu’on a cru que c’était la vérité. On s’est développé tout un système de pensées qui tournent en boucle dans notre tête et souvent on ne s’en rend même plus compte. Elles régissent pourtant notre façon de voir la vie et de réagir à ses différentes situations.

On s’est forgé une image de nous qui s’est solidifiée, mais qui ne correspond pas/plus à qui l’on est devenu. Le truc, c’est que, tout comme Mélissa, on entre en relation depuis cette perception de nous-mêmes, en étant convaincu de ne pas être adéquat.

On veut donc apprendre à être bienveillant envers soi-même et à cultiver des pensées qui nous valorisent. Par exemple, sous forme de visualisation, on peut se répéter plusieurs fois par jour nos pensées positives, les relire, prendre le temps de bien les sentir. Et dans cette démarche, il devient essentiel de s’entourer de personnes encourageantes et valorisantes. On a besoin d’alliés dans ce processus.

Pour renouveler l’image que l’on a de soi, une approche corporelle peut également être déterminante.

Sortir de sa tête, entrer dans son corps

On s’entend, tout ça, ça se passe dans notre tête, dans notre mental et nos pensées. Oui, c’est primordial de s’adresser à nos mécanismes psychiques pour se délivrer du poids des complexes, mais il ne faut pas négliger l’aspect corporel. Pour se sentir mieux dans sa peau, mieux vaut développer une saine relation avec son corps.

On cherche donc à apprendre à s’exprimer, aimer son corps et dépasser ses inhibitions. Parce que, « quand on est centré sur l’intérieur de soi, sur son ressenti, on est moins préoccupé par l’image que l’on renvoie. »[1]

Des approches corporelles qui vont nous amener à utiliser notre corps de façons différentes vont particulièrement nous aider là-dedans : à se ressentir autrement, à éprouver son corps de façon positive et à habiter pleinement son corps, à l’incarner avec ce qui nous anime dans la vie.

S’épanouir dans sa relation aux autres

Ça fait beaucoup de nouvelles expériences et de nouvelles habitudes à mettre en place, et c’est normal d’avoir peur. Accompagnons-nous avec douceur et compassion dans ce processus.

En étant mieux avec soi-même, centré sur soi et non plus sur une projection faussée, on expérimente petit à petit un bien-être personnel et relationnel. On installe des conditions favorables à son épanouissement social, à une plus grande confiance en soi et on s’ouvre plus facilement.

Ça devient plus facile de rencontrer de nouvelles personnes et de rester soi-même, sans se cacher ni en faire trop. Ça favorise le développement de relations saines, égalitaires et épanouissantes en amour, en amitié, au travail et en famille.

Donc, en faisant face à nos complexes, en modifiant notre vision de nous-mêmes et en sortant de notre zone de confort pour s’autoriser à faire ce qui nous fait envie, on a plus de chance de provoquer ce que l’on souhaite réaliser pour sa vie.

 

Si vous êtes interpelléEs par cette situation, l’atelier Se libérer de ses complexes pour être mieux dans sa peau pourrait vous aider.

 


Notes bibliographiques

[1] http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Estime-de-soi/Articles-et-Dossiers/Depasser-nos-complexes/Complexes-3-pistes-pour-s-en-debarrasser