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Crédit photo : Marie-Ève Dion

Jusqu’à maintenant, en 2019, je n’avais pas eu le temps d’écrire de billet pour mon blogue. C’est que depuis le début de l’année, j’ai accompagné 10 groupes et plus de 80 femmes à travers une démarche corporelle sensible et incarnée. J’ai eu l’immense privilège de côtoyer ces magnifiques personnes dans leur processus de déploiement.

J’ai été témoin de ces femmes qui arrivaient à bout de bras avec toutes leurs forces et leurs vulnérabilités comme d’un gros paquet trop lourd à porter. Je les ai vues aller à la rencontre de leurs parts d’ombre avec une appréhension palpable et une timide curiosité. « Et si cette rencontre pouvait m’apprendre quelque chose sur moi ? », que je pouvais lire dans leurs yeux. « Et si ça m’aidait à me sentir mieux ? ».

Parce que le corps, son propre corps, ça peut faire peur. Ya tellement d’affaires pognées là-dedans! Par où commencer ?

La plupart du temps, les femmes qui viennent à mes ateliers ont un rapport souffrant ou absent à leur corps. Ou les deux, parfois l’un vient avec l’autre : la souffrance étant tellement grande qu’elles l’ont déserté, leur corps.

Le chemin pour revenir dedans n’est pas nécessairement facile, mais  pas forcément difficile non plus.

Je peux témoigner de mes observations : j’ai aussi contemplé ces femmes embrasser leurs parts lumineuses avec exaltation et extase. J’ai senti leur joie profonde lorsqu’elles palpaient avec un peu plus de netteté les particules vivantes qui bouillonnaient dans leur chair. J’ai aperçu des soupirs d’apaisement lorsqu’elles arrivaient à éprouver, ne serait-ce qu’un instant, un peu de douceur dans leur enveloppe charnelle.

Il s’opérait alors, presqu’à tous les coups, un relâchement. Un expire de consolation. Une décontraction.

Comme si je pouvais entendre : « mais oui, c’est encore là. Enfoui quelque part, je peux encore y avoir accès. »

Je suis émue

Je suis super émue par les témoignages des femmes qui terminent une session d’ateliers avec moi. J’ai très souvent la larme à l’œil quand je les entends partager au groupe l’avancée immense qu’elles se surprennent elles-mêmes d’avoir réalisée. La très grande majorité du temps, elles ne s’imaginent pas du tout ce qu’elles s’apprêtent à accomplir lorsqu’elles consentent à la proposition que je leur fais.

Celle d’entrer à l’intérieur, de ressentir, de façonner, de décloisonner. D’ouvrir, de laisser sortir, de se décharger, de se renouveler.

Elles sont parfois bouleversées. « Ça m’a pris une semaine à me remettre du dernier atelier », me lançait une participante il y a peu de temps. « Mais je pense que c’est pour le mieux », rajoutera-t-elle à la fin de la rencontre.

Puis lors du dernier atelier, elle nous raconte comment, « dans son temps », c’était la loi du silence. « On ne nous apprenait pas à s’exprimer, on nous enseignait plutôt à nous taire », nous dit-elle. « Alors venir m’exprimer ici avec mon corps, c’est comme sauter en parachute pour moi. C’était difficile au début, mais ça devenait de plus en plus fluide à chaque semaine. »

Je pouvais alors sentir l’espace de liberté qui s’était rendu disponible à elle, lui offrant un beau terrain fertile pour continuer son cheminement. Et ça me chavire de fierté d’avoir créé cet espace de bienveillance qui aura participé à l’accompagner dans son déploiement.

J’aurai certes installé des conditions favorables qui auront contribué à son éclosion, mais je ne pourrais y arriver seule. Le groupe occupe un rôle essentiel de soutien, de témoin et de tremplin. Chaque participante remplissant une fonction indispensable.

« Je pensais que je n’aimais pas danser »

J’ai reçu cet autre témoignage d’une participante qui nous dit, à la fin de la session, qu’elle avait toujours pensé qu’elle n’aimait pas ça, danser. « Apprendre des mouvements sur des comptes, ce n’est pas pour moi. J’avais pas dansé depuis que j’avais l’âge de 13 ans. J’en ai 68. Mais quand j’ai vu ton cours, ça m’a intrigué et je me suis dit que c’était peut-être différent. Ben finalement je me rends compte que j’adore ça danser. Et je me suis mise à danser presque tous les jours chez moi ».

Eeeeee… Wow! Ça faisait 55 ans qu’elle n’avait pas dansé et c’est avec moi qu’elle a recommencé! Oui j’avoue, j’ai le cœur un peu gonflé de joie et de stupéfaction.

Nouveaux projets à venir

Fais que c’est ça. J’étais pas mal occupée dans les derniers mois. Mais ô combien remplie!

Je suis présentement en gestation de futurs projets pour Mon Âme Danse. Je réfléchis à la forme que je veux que ça prenne pour garder un équilibre viable à long terme. Les défis qu’impose l’entrepreneuriat me happent vigoureusement.

Parce que moi aussi j’ai envie de toujours continuer de me renouveler pour adopter la posture la plus cohérente possible. Mais je vais vous tenir au courant, promis.

À tout bientôt.