Exemple

L'”abandonnable”

Longtemps j’ai vécu avec l’idée que j’étais une personne inintéressante et banale, insipide et insignifiante, peu digne d’intérêt. « Pourquoi les gens s’intéresseraient à ma pauvre personne ? », « pourquoi m’accorderait-on de l’importance ? », j’allais même jusqu’à me demander « pourquoi m’aimerait-on ? » Autant de questions auxquelles je n’avais pas de réponse.

Je me sentais constamment en mission : prouver que j’étais aimable.

Je devais prouver que j’étais bonne, pour ainsi mériter l’attention des autres, pour mériter leur amour.

Justifier mon droit à l’existence

J’ai vite compris qu’en me produisant en spectacle, je pouvais capter l’attention des gens. Pendant mes performances, personne ne pouvait m’arrêter, on était obligé de m’écouter, en quelque sorte. C’est le moyen que j’avais trouvé pour m’exprimer et justifier mon droit à l’existence : jouer un personnage. C’est l’astuce que j’avais développée pour être aimée, pour prendre une place dans le monde, sans trop en dévoiler sur moi-même.

Je vivais avec la peur constante de me faire abandonner ou rejeter et quand je vivais des moments de bonheur, je sentais une certaine panique à l’idée que ceux-ci s’arrêteraient brusquement, presque comme une certitude. En relation j’avais extrêmement de difficulté à m’ouvrir à l’autre, à faire confiance, car j’appréhendais constamment le moment où celui-ci allait se rendre compte de mon insignifiance, de ma petitesse, de ma médiocrité et fatalement ne plus vouloir être à mon contact : m’abandonner.

Stratégie pour passer inaperçue

Pour ne pas attirer l’attention sur ma banalité et ma carence, je développai une impeccable stratégie pour avoir l’air, de l’extérieur, raisonnablement fonctionnelle, suffisamment adaptée à la vie en société. Ce qui se passait à l’intérieur n’existait pas du tout en cohérence avec ce que je laissais voir de l’extérieur. J’avais la capacité de jouer le rôle d’une fille convenable et en contrôle de sa vie, bonne à l’école, studieuse, ni trop isolée, ni trop impliquée en relation, juste ce qu’il fallait pour avoir l’air équilibrée.

J’usais d’ailleurs d’un stratagème assez efficace dès l’école secondaire : je changeais fréquemment de groupe d’amis. J’en avais plusieurs qui se chevauchaient ou que je fréquentais de façon simultanée. C’était parfait pour éviter le pire : me faire rejeter par l’un d’eux. Je quittais toujours un groupe avant de me faire abandonner, c’est donc moi qui avais le contrôle de la situation, du moins, c’est ce que je croyais.

La marionnette

Comme une marionnette, j’agissais en fonction de ce que je pensais devoir faire pour être acceptée. Pour projeter cette image de fille adaptée, j’appris à dire ce que les autres voulaient entendre (ou ce que je croyais qu’ils voulaient entendre). J’excellais dans l’art de faire ce que les autres attendaient de moi (ou ce que je croyais qu’ils attendaient de moi, bien entendu). Je suis devenue une hypersensible de l’autre, mais une hyposensible de moi-même.

J’accourais pour répondre aux moindres désirs de l’autre, en espérant que l’on m’accorderait ainsi un peu d’amour et d’attention, mais je ne savais plus écouter ce qui se passait à l’intérieur de mon corps. D’ailleurs se passait-il quelque chose? Je ne savais même pas reconnaître mes propres besoins, j’ignorais même si j’en avais. On pouvait faire de moi ce qu’on voulait, car je ne sentais rien. Évidemment, je ne savais pas non plus identifier mes limites.

En relation, je me comparais souvent au caméléon. Je possédais cette compétence de prendre les couleurs de l’autre, de m’adapter à chacun en fonction de sa façon d’être et d’agir. Je m’ajustais au rythme de l’autre, mais sans respecter le mien. Je ne me sentais jamais tout à fait moi-même – de toute façon on ne pouvait pas m’aimer pour ce que j’étais vraiment (c’est ce que je croyais) – alors je m’efforçais de me fondre à la masse, de me transformer en ce que je croyais être désirable, mais en réalité je n’y arrivais qu’avec beaucoup de mal.

Pour me transformer, la danse fût une partie de la solution. J’en parlerai dans mes prochaines publications.

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19 octobre 2017

Catégories: Billet

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