Exemple

Même si c’est ce que je veux faire de ma vie, avant chaque atelier, j’angoisse…

On a souvent un rapport conflictuel avec l’art. On aimerait secrètement peindre, mais on n’a jamais été bon en dessin, alors on laisse faire. On adore chanter à tue-tête dans la voiture, mais on s’obstine à se dire qu’on sonne faux, ce qui nous conforte dans notre décision de ne prendre ni cours de chant ni part à une chorale. On se délecte des vidéos de danse qui défilent sur notre mur Facebook, mais on est convaincu de ne pas être assez gracieux pour se glisser sur une piste de danse.

Quelle tristesse.

Ce serait tu assez l’fun de mettre notre juge intérieur à la porte une bonne fois pour toute! De s’en foutre de ce qu’on a l’air, tant qu’on s’amuse!

Soudain on a un petit moment d’emportement (ok on avait pris un petit verre ce soir-là), et on se dit : oui! Je vais le faire! Je vais m’inscrire à mon premier cours de hip hop, même si j’ai 40 ans et quelques cheveux blancs! Et puis le lendemain matin l’idée nous apparaît plutôt complètement stupide. On s’empresse d’enfouir ce désir au plus profond de nous.

Avant chaque atelier, j’angoisse. Même si c’est ça que je veux faire de ma vie, même si c’est ça qui me passionne. À chaque fois, je vis un mélange d’émotions. J’ai peur de ne pas être à la hauteur et en même temps je suis excitée. Et à chaque fois, je dois faire un choix : me dépasser, ou du moins, dépasser mes peurs. Mes nombreuses peurs.

Pi je veux le dire et que ce soit bien clair : je ne trouve pas ça facile du tout. On dirait que la même lourdeur se joue en moi, celle que je vis avant d’aller au gym par exemple. Je n’ai pas le goût, je préfèrerais rester emmitouflée sous une couverture… toutes les autres activités me paraissent plus attrayantes… même faire du ménage. Même si je le sais que je vais être vraiment contente une fois dans l’action (ou après).

Les maudites résistances.

On dit souvent que c’est ce qu’on désire le plus qui nous fait le plus peur. Et qu’on devrait même utiliser cette peur comme une boussole. C’est-à-dire que si je suis terrifiée à l’idée d’aller dans une direction, c’est bon signe, c’est que je dois y aller. Fou de même comme idée!

Mais on résiste. Et cette résistance-là prend la forme de la peur, entre autre. Elle prend aussi la forme du juge intérieur qui nous convainc qu’on n’a pas ce qu’il faut, qu’on va se planter, qu’on va faire un fou de nous.

Dans une période particulièrement difficile de ma vie, j’ai réussi à me convaincre que la danse, ce n’était pas pour moi. C’est quand je danse que je me sens le mieux, mais une force intérieure m’a persuadé du contraire. Alors j’ai tout abandonné mes projets et mes rêves.

Je me suis abandonnée.

Après un certain temps, j’ai compris que c’est moi que j’abandonnais en me coupant de mes passions. Et me libérer de cette emprise s’est avéré un réel défi. J’avais vraiment l’impression de devoir combattre une force autonome en moi qui tirait de toutes ses forces vers le bas. Et je passais constamment d’un état à l’autre ; la motivation, l’excitation, l’espoir, puis le découragement complet.

Se choisir.

Je le disais un peu plus tôt : à chaque fois, je dois faire un choix. Et ce qui m’aidait, c’était de me visualiser dans la posture de la guerrière en yoga.

Les deux pieds bien ancrés dans le sol, je regarde au loin avec un regard déterminé et même un léger sourire sur mes lèvres. J’essaie d’être consciente des difficultés et des obstacles et de les voir comme des moments d’apprentissages et même de joie. J’essaie de sentir que le chemin sera fabuleux, comme une belle aventure. J’essaie d’accepter mon ignorance, l’inconnu qui m’attend, qui m’entoure. Je m’imprègne d’humilité, moi, petite être humain deviendra grande.

 

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16 novembre 2017

Catégories: Billet

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4 commentaires sur “Même si c’est ce que je veux faire de ma vie, avant chaque atelier, j’angoisse…

  • Nadyne

    Bravo de suivre ta passion, de suivre la boussole de tes peurs! J’ai la même !!! : ) Ce que j’ai constaté, c’est que ca devient de plus en plus facile.. ben en fait, non. pas du tout ! mais les peurs se transforment, changent d’objet. Exemple : à force d’enseigner, tu ne ressentiras plus cet angoisse pour enseigner. Mais ce sera la peur de, contacter quelqu’un pour une collaboration, ou poser un autre geste pour faire avancer d’autres projets… Je pense qu’on en vient jamais à bout ! hahahahh ! Mais je dis ça de façon très légère, juste lucide. Par contre, on est de mieux en mieux outillée ! et ca prend de moins en moins de place ! Courage belle danseuses. Je danse dans le même espace que toi ! xxx PS Merci de partager ce que tu vis. Je pense que ça peut inspirer les gens à suivre leur passion, nourrir leur essence, en comprenant que ce n’est pas facile. Merci de nommer tout haut ce que l’on vit tous, tout bas.

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    • Noémie Dubuc

      Merci Nadyne. Effectivement, ça fluctue, ça se transforme, mais il reste toujours un petit quelque chose, l’angoisse qui veut refaire surface sur une forme différente à chaque fois pour nous jouer un tour 😉 Merci pour tes bons mots.

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  • Marie-Agnès Morazé-Doré

    C’est si vrai ce que tu écris : la création crée aussi de l’angoisse, mais donne aussi tant de joie ! Il faut tenir bon, être patiente et avoir confiance en soi : c’est plus facile à écrire qu’à vivre. Quand on danse, c’est peut-être deux pas en avant, un pas en arrière, on ressent cela aussi dans l’écriture, un mot écrit, deux effacés, mais quand la phrase prend tournure, on a le sourire aux lèvres. Et puis tes ateliers et la façon dont tu en parles, c’est plus que de la danse, c’est du partage…je ne peux en profiter réellement, à quelques milliers de kilomètres de Montréal, mais je les imagine et j’ai l’impression d’en profiter un peu. Alors continue comme cela s’il te plait, je crois que j’aurais aimé la danse proposée ainsi.

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    • Noémie Dubuc

      Merci beaucoup Marie-Agnès pour ton partage et tes bons mots 🙂 C’est vrai que c’est tellement satisfaisant de créer.

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